
Illustration : Grégory Fromenteau |
SOVOK : adj. Arg. Qui désigne les individus et les idées qui sont profondément imprégnés de réminiscences nostalgiques de l’ex-URSS.
Même s’il est né au Birobidjan, l’oblast autonome juif, c’est porteur d’une nationalité russe fièrement acquise au combat que Méhoudar débarque à Moscou en quête d’un boulot. Autour de lui, l’ancien empire soviétique, dont on devine encore des traces de la puissance et de la magnificence, achève de se déglinguer. Tout comme les Jigouli, les ambulances volantes de la compagnie Blijni dont le patron, Saoul, est prêt à mettre Méhoudar à l’essai. Sans salaire, évidemment.
Il sera supervisé par Manya et Vinkenti, une équipe de nuit désassortie. Elle a été médecin, ou peut-être seulement vétérinaire, et fume des cigarettes à la chaîne ; lui est russe jusqu’au bout de la barbe, et pilote leur épave avec douceur et (im)prudence… Ensemble, ils peignent à Méhoudar un portrait peu reluisant du métier : le système de santé fonctionne aux pots-de-vin car l’État ne verse plus les salaires, la bureaucratie occupe plus de temps que les soins et, pire, une compagnie privée européenne leur livre une compétition déloyale.
D’une intervention à l’autre, Méhoudar remarque que des changements se trament. Mensonges et vérités s’affrontent à grands coups d’imprimés clandestins dans les rues de la capitale.
Et voilà que Moscou se révolte !…
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